L’idée de la Maison d’Immersion a émergé lors des ateliers participatifs organisés avec les participants majoritairement primo-arrivants en 2017 (montage projet) et 2018 (démarrage projet), et aussi avec des associations et des citoyens belges.

Constat :

Tout d’abord, les primo-arrivants co-chercheurs ont fait part du constat que les cours de français FLE (Français Langue Etrangère)/Alpha proposés dans le cadre du parcours d’accueil sont très utiles. Mais une fois les cours terminés, il leur est difficile de pouvoir pratiquer et entretenir leurs connaissances du français. Ils ont décrit une perte de leurs acquis petit à petit, faute de ne pas pouvoir trouver une structure ou un service adéquat (tables de conversation et cours souvent remplis, pas adaptés à des niveaux de langues et des profils d’apprentissage très hétérogènes…).

Les participants ont également mis en évidence le manque d’espaces et lieux de rencontre avec des “vrais Belges”. Cela leur serait bénéfiques pour diverses raisons qu’ils ont décrites telles que “rompre avec la timidité de pratiquer le français avec un inconnu”, “sortir de sa zone de confort”….

Objectifs :

Pour répondre à ces besoins, la Maison d’Immersion est envisagée en complémentarité avec les cours de langue déjà proposés dans le cadre du parcours d’accueil. L’objectif poursuivi par ce projet innovant est de permettre aux primo-arrivants qui suivent des cours de français, ou ayant suivi des cours de français, de venir pratiquer le français dans un contexte informel qui puisse se rapprocher le plus possible du réel, de leur quotidien. Les participants ont beaucoup insisté sur le caractère informel de cette Maison lors des ateliers, afin de favoriser “la pratique du français de la rue et du français de tous les jours”. La Maison d’Immersion souhaite offrir un espace où chacun puisse venir gratuitement pratiquer le français en fonction de ses disponibilités et besoins. Cet espace se veut accessible à tous et pour tous les niveaux de français ; il vise la pratique de la langue d’abord grâce à la rencontre (possibilité de venir boire un café), mais aussi à l’aide d’activités proposées aussi bien par les primo-arrivants que par des bénévoles/citoyens belges.

L’objectif à terme est de permettre aux primo-arrivants et aux citoyens de s’approprier le concept et de participer activement à la gestion de la Maison d’Immersion (permanence, animation, gestion des activités, …).

 Parties prenantes :

  • VIA asbl: Laura Diop, gestionnaire du projet CAMIM; Julien Legrand, responsable du développement de la Maison d’Immersion; Chloé Angé, Chercheuse du GERME.
  • Associations partenaires bruxelloises : Il s’agit d’une part des associations qui participent au projet CAMIM depuis son démarrage et qui ont montré leur intérêt/partagé leur expertise au sujet du projet de la Maison d’Immersion. D’autre part, nous continuons à prospecter dans l’associatif Bruxellois afin de pouvoir collaborer avec des associations intéressées par le concept de Maison d’Immersion (échange d’expertise notamment au sujet du FLE…).  Une collaboration avec les associations déjà actives au sein de l’espace que nous occuperons pour la Maison d’Immersion ou dans le quartier avoisinant est aussi vivement souhaitée (par exemple: atelier de couture, tables de conversation déjà en place…).
  • Public primo-arrivant: Durant les ateliers, le public a vivement manifesté son intérêt à fréquenter les lieux, et à participer à l’activité du lieu que cela soit en termes d’accueil du public, roulement du lieu (nettoyage, thé / café…), ou en proposant des activités.
  • Citoyens/bénévoles : L’idée est que ce public contribue aussi à faire vivre la Maison (soutien animation et activités, accueil, rencontre avec le public primo-arrivant…). Les bénévoles les plus impliqués seront invités à participer activement à la réflexion au développement de la Maison. Ils seront également garants du respect du cadre au sein de la Maison (bienveillance, maintien du lieu, favoriser la pratique exclusive du français…).

Ou en sommes-nous actuellement ?

La Maison d’Immersion tient une permanence tous les mardis matins de 10h à midi au Centre Communautaire Maritime (Rue Vandenboogaerde 93 1080 Molenbeek) et tous les jeudis après-midi de 13h à 15h à l’Espace Kessels (Rue Kessels, 51 1030 Schaerbeek)*.

Pas d’inscription préalable nécessaire. Vous êtes les bienvenus !

* Fermé durant les vacances scolaires

Contact :

Si vous souhaitez de plus amples informations au sujet de la Maison d’Immersion/vous investir comme citoyen/bénévole, contactez-nous par email à l’adresse j.legrand@via.brussels ou par téléphone 02/563.52.54

Témoignages de participants à la Maison d’Immersion : 

« Je trouve cet endroit spécial parce que ce n’est pas une école, je pratique la langue, je parle beaucoup, je me sens avec une famille, des amis. Je sens qu’il n’y a pas de stress, je suis confortable »

« J’avais très peur de parler français, maintenant j’ai le courage de le faire sans peur. Aujourd’hui, je suis à l’aise à la commune pour régler mes documents toute seule. Avant, mon mari devait toujours être là avec moi. Maintenant, j’ai le courage de le faire. »

« Vous ne m’aidez pas à apprendre le français, mais à le parler. C’est parce que je crée des relations avec vous. Parce que vous êtes mes amis maintenant […] Je pense que votre relation est importante, la méthode de parler avec nous douce­ment et simplement. La chose importante c’est le respect. C’est pour ça que j’at­tends toujours le jeudi »

« Cet espace correspond à ce que je recherchais car je suis libre et on ne me juge pas »

«Chaque commune devrait avoir un local pour la Maison d’Immersion: par exemple un local pour Anderlecht et Molenbeek, un pour Saint-Josse et un à Schaerbeek, etc. Comme ça, ça crée de la mixité parce que les gens de chaque commune ne sont pas les mêmes.»

« On parle beaucoup avec des jeux, etc. J’étais timide avec mon français avant mais maintenant ça va »

« Ce qui m’a surprise la première fois que je suis venue c’est que la veille j’avais rencontré quelqu’un qui n’avait pas pu s’exprimer en français et ça m’avait touché. Quand je suis venue ici je ne savais pas ce que j’allais faire, et j’ai aimé le fait-même qu’il y ait cet espace. Je trouve que les gens sont courageux, ils osent parler »

«Madame Z. qui vient à la Maison d’Immersion a toujours parlé en espagnol lors des entretiens. Lors de notre dernier rendez-vous (juste après la MI), elle a spontanément parlé en français. C’est super positif.» [Sophie Petre, accompagnatrice sociale chez VIA]

« Cela fait 4 ans que je cherche un endroit comme ça. J’ai été a des tables de conversations mais j’ai été deux fois et j’ai arrêté. Ils me donnaient un papier et je ne comprenais pas le vocabulaire. J’étais perdue. On devait tous lire le papier et puis parler. Je n’aimais pas parce que ceux qui savent parler parlent et les autres non »